Eglise Saint-Laurent.
- La BASTIDE :
elle fut fondée, vers 1272, par Géraud de CAZAUBON, Seigneur de SEMPUY, sur une
petite colline appelée Montaglon, voisine du hameau d' Aygueval existant entre les ruisseaux de St Laurent et du Marcadet dont l'église dédiée à St Laurent subsista jusqu'à la révolution. Le sénéchal Eustache de BEAUMARCHAIS, co-fondateur, accorda les coutumes et privilèges qui accélérèrent le peuplement de la cité. Les remparts, d'abord en bois, ensuite construits en briques et pierre ont été démolis en 1777. Quatre portes défendaient la cité, celles de Montestruc, de Castelnau, de Lectoure et du Marcadet (vers Condom). Une cinquième permettait l'accès au moulin du Roi.
Fleurance connut de nombreux troubles avant d'être rattachée à la couronne de France. De graves
épidémies et plusieurs invasions par les protestants, Lectoure et Mauvezin étant acquises à la
Réforme, ruinèrent plusieurs fois la ville. Elle ne retrouvera, assez de paix qu'au 18°siècle, pour que se créent les premières industries et que se développent l' agriculture et le commerce. La population augmente et pour la 1ère fois, la ville se développe hors les murs. La révolution mettra un terme provisoire à cette expansion.
De nos jours, la bastide par son dynamisme est devenue la 3ème ville du département .
- L'EGLISE : édifiée sur l'emplacement d'une ancienne chapelle, déjà sous le vocable de la Vierge Marie, l'église actuelle fut dédiée à la Mère de Dieu, sous le titre de l'Assomption. Elle prit au 18°siècle le nom de Notre-Dame de Fleurance et c'est certainement, après la destruction de la chapelle du hameau d'Aygueval que St Laurent devient patron de l'église paroissiale. Elle est l'un des édifices les plus importants du département par la dimension de ses 3 nefs, l'ampleur de son choeur et la hauteur de ses voûtes. Commencée dès la création de la bastide, terminée au 15°siècle, elle sera consacrée le 12 février 1523 par Guillaume MOMINON, archevêque d'AUCH. Sa disposition primitive en paliers explique la différence de hauteur des piliers (14m au choeur, 18m au portail d'entrée) puisque à l'origine elle comportait 3 niveaux qui furent nivelés au 18°. Sur la façade, un important porche protégeait les enfeux (anciens tombeaux). Il disparut en 1770 ainsi que le cloître et la chapelle St Roch adossée à l'église. Les remarquables verrières du choeur ont été réalisées par Arnaut de MOLES, créateur de celles de la cathédrale d' AUCH.
L'église dévastée par la révolution servit de grange à foins. Pendant le 19°siècle, les prêtres successifs avec le généreux concours des paroissiens, s'efforcèrent de réparer ses dégradations.
D'abord, l'abbé Pierre LABORDE fit recarreler le dallage, reconstruire les autels, réorganisa le culte et rétablit les confréries. Ensuite, l'abbé DUCAM qui succéda à l'abbé REMlGNON a continué les restaurations commencées par ce dernier: reconstruction des chapelles du Rosaire et de St François Xavier y compris les fondations, restauration complète des chapelles St Pierre, du Sacré-Creur et du Rosaire (les retables sont réalisés par les menuisiers BADOR & BOURROUSSE, les peintures par PONSIN, les appuis de communion par LAFFONT) et l'ancienne chaire est remplacée par celle en coeur de chêne sculpté, réalisée par BADOR. Ces différents travaux ont été exécutés par les artisans de la ville suivant les dessins de M. GENTIL, l'architecte du département.
Un nouveau chemin de croix en terre cuite est érigé et les vitraux de la nef sont remplacés.
- Le MOBILIER de l'EGLISE : La statue miraculeuse de ND de Fleurance
en pierre du 15°siècle, objet de vénération des habitants durant des siècles - les tableaux du 17° & du 18° (peintures de Jean-Baptiste SMETS- 1712/1783) - les fonts baptismaux en pierre portant la date de la 1 ère exaction protestante perpétrée dans l' église au 16°siècle : "vesena plebs hereticorum me dextruxit et ecclesia auxitana reparavit MCLXIllI ( la tourbe des hérétiques m'a détruit et l'église d' Auch m'a réparé en 1564 -l es orgues de Jules MAGEN pour la partie mécanique et CELSINE pour le buffet ( installées en 1865).
L'église et une partie de son mobilier sont classées. Malgré les restaurations déjà accomplies,d'important travaux sont indispensables pour la sauvegarde de ce remarquable édifice religieux.
- Les CONFRERIES :
Dès 1336. approuvée par Mgr de FLAVACOURT, une 1ère confrérie fut érigée en
I'honneur de la SAINTE TRINITE, de la VIERGE MARIE & de St NICOLAS puis
confirmée en 1632.- Ensuite celle de St JOSEPH par décret du Pape CLEMENT XII du
22 septembre 1739, chargée du maître-autel et du St Sacrement.- Celle du SACRE-COEUR, accordée
par le Pape GREGOIRE XVI en 1770 et confirmée en 1838 par Mgr d'ISOARD.- Celle du
ROSAIRE en 1836 (grande dévotion à Marie & St Laurent et nombreux associés ).
- Les COUVENTS :
Les AUGUSTINS : déjà en 1306, un groupe d'ermites de l'ordre de St Augustin s'était
implanté dans la cité. De très nombreuses donations de terrains & legs avaient permis
d'ériger un monastère avec dépendances, vaste église et cimetière. Leur important
emplacement s'étendait entre les anciennes rues St Jean (Gambetta), rue d'Arrouzès (Dr
Lapeyre), rue Montablon et jusqu'aux murailles de la cité (le long du bd de la Vignette). Les
moines eurent une grande activité sur le plan éducatif (régence des écoles) et sur le plan
cultuel ( offices suivis par une grande partie de la population).
Les RECOLLETS : une autre congrégation d'hommes en 1606 s'installa d.abord près
de la porte de Lectoure, puis 10 ans plus tard. au centre de la cité où elle établit un
monastère donnant sur 3 rues (rue St Jean, rue du Hourbeil (Roger Trémoulet), rue de
Marsoulan (République) et la place (face à la porte de la mai.rie). Ces religieux eurent en
charge également la régence des écoles.
Les PENITENTS BLEUS : non loin du chevet de l'église actuelle, compris entre la rue
du Moulin, la rue Montablon, la rue de la Crouzie (Antoinette Cadéot) et la petite ruelle qui
n'existe plus. ils possédaient une maison, un pré et une chapelle édifiée en l'honneur de St
Jérôme et Ste Madeleine. Ils s'occupaient surtout des pauvres et des prisonniers.
Les URSULINES : grâce aux libéralités du comte de Goas/Biran, à partir de 1676, les
religieuses édifièrent monastère, église, pensionnat et école qui devint l'une des plus
florissantes du diocèse. confrontant à l'est aux murs de la ville, à l'ouest à la rue St Jean
(Pasteur), au midi à la rue du Moulin, et au nord au jardin de Coué.
Ces couvents prospérèrent grâce aux nombreuses rentes et dons des habitants mais
après la révolution tous les bâtiments et terrains furent vendus comme biens nationaux.
Les FILLES de MARIE : la ville étant dépourvue d'établissement religieux depuis
longtemps, une famille fit don de 1.000 frs pour l'acquisition d'une maison rue de Castelnau
(Jean Jaurès). La bénédiction du couvent dédié à Marie et des 5 religieuses envoyées par M
.l'abbé Chevallier, Supérieur local d'Auch eut lieu le 27 novembre 1842. L'instruction et
l'éducation des jeunes filles y étaient assurées. Depuis quelques années, l'établissement est
devenu une école maternelle et primaire.
- Les HOPITAUX :
L'hôpital St JACQUES : le plus ancien, étajt situé à l'ouest de la ville près de la porte
du Marcadet (immeuble du 3ème âge). Il hébergeait les Jacquaires (les pèlerins), les errants,
et les malades, assurait aussi les soins dans les maisons, surtout durant les périodes
d'épidémies et de famine et recueillait les nombreux enfants abandonnés. Au 18°siècle, les
importants travaux que nécessitait l'hôpital purent enfin se réaliser car en 1739.
M.Guillaume DESCAT, ancien marchand, légua tous ses biens en faveur des pauvres.
L'hôpital St PIERRE : vers l'est, au fond de la rue Castelnau, fut d'abord prieuré
dépendant de Condom, puis devint hôpital.(une rue en perpétue le nom).
L'hôpital Ste CATHERINE : près de Ia porte de Montestruc, une petite maison avec
jardin avait été léguée pour loger les sans-abri. Peu utilisée et en mauvais état, elle fut
démolie en 1703. (une rue Ste Catherine).
Comme pour les monastères, c'est la charité privée qui, par ses donations, legs et
rentes permit l'installation et le fonctionnement de ces établissements hospitaliers.
- La HALLE et L' HOTEL de VILLE :
La description de l' ancienne halle de la place est connue grâce à un plan de
1777. Elle comprenait 28 piliers en bois contre lesquels, au sud, s'adossait un bâtiment
rectangulaire qui abritait les services administratifs ainsi qu'une boucherie.
Dans la nuit du 9 au 10 août 1833, un incendie la détruisant entièrement, elle fut
reconstruite de 1834 à 1837 sous la magistrature de M. Antoine Louis de PERCIN, avocat,
député et alors maire de la ville, telle que nous la connaissons aujourd'hui. On superposa
donc les 2 ensembles qui existaient antérieurement. Quelques années plus tard, léguées par
M.Adolphe CADEOT, quatre belles fontaines en bronze représentant les 4 saisons, seront
placées autour de ce monument.
Quelques FAMILLES ou PERSONNALITES ayant contribué à la prospérité et au rayonnement de FLEURANCE
La famille de BASTARD, qui durant 3 siècles, donne plusjeurs ecclésiastiques,
magistrats, officiers et grands maîtres des Eaux & forêts. Elle aide également à
l'implantation des Récollets au 14°siècle.
la famille de PERCIN connue dès 911. Rappelons : Henri qui fait construire le
château de Céran en 1256, Jehan, consul de Fleurance en 1572 et Jean, maire royal en 1714.
CADEOT Adolphe ( 1819-1851) : Après des études de droit à PARIS, il revient dans
sa ville natale dont il deviendra le maire. Philanthrope, il a le souci permanent de ses
concitoyens. Par testament, il lègue à la ville de Fleurance 100.000 frs pour la construction
d'un hôpital, 20.000 frs pour une fontaine publique et 30.000 frs au professeur et ami
TICIER. Son tombeau porte l'épitaphe suivante : Adolphe CADEOT sous ce marbre repose
- Chrétiens sur son tombeau versez, versez des pleurs - Il fut l'ami du peuple, il lutta pour
sa cause - Son grand coeur fut ouvert à toutes les douleurs.
CADEOT Noël (1867-1956) : Maire de 1899 à 1921 et membre de la Sté
Archéologique du Gers où il publie plusieurs articles et particulièrement les notes
historiques sur notre ville très intéressantes pour les chercheurs.
CATOR Henri (1862-1918) : Après des études au séminaire d'AUCH puis à la
faculté de médecine de PARIS, il exerce sa profession dans notre ville. Passionné des
langues anciennes et modernes, il oeuvre également pour la promotion de la langue
gasconne.
CAZES Martial ( 1860/1907) : Sans enfant, il lègue à l'hôpital local, une maison de
maître avec dépendances et parc ( emplacement actuel du collège avenue Martial Cazes ), une propriété dite La Taverne sise à Castelnau d'Arbieu et la parcelle dite « du Réchou » commune de Fleurance. Il lègue également à la paroisse une somme de 10.000 frs ainsi qu'une autre de 2.000 frs à charge de célébrer à perpétuité, à son intention, 12 messes par an.
DAMBLANC Louis (1889/1956) : Ingénieur, il invente les fusées autopropulsées
dont il sera dépossédé par les USA en recevant en contre-partie une modeste indemnité pour
que les américains puissent utiliser le brevet. Maire de 1927 à 1940.
DELORT Jean François ( 18°) Fils d'une lignée de médecins, médecin lui-même.
très populaire, appelé familièrement «Lou Lourtet » comprend l'importance de la qualité
de l'eau pour la santé. Il réhabilite la source de La Canaou ce qui permet aux Fleurantins de
profiter de ses bienfaits jusqu'à la mise en place de l'actuel château d'eau. C'est ainsi qu'en
1938, MONGE Joseph dit Petit-Jean a chanté les vertus de la source dans une poésie qui se
terminait par ces vers : Venez à la Canaou : si vous voulez guérir - Buvez-en dix pichets et
vous ne pourrez plus mourir.
DESPONTS Edouard (1820-1901) : Après des études au séminaire d'AUCH et aux
facultés de médecine de MONTPELLIER et de PARIS, il exerce à FLEURANCE durant 40
ans. Membre de la Sté Archéologique, il y publie de nombreuses études et collabore à la
semaine religieuse du diocèse.
Un de ses frères, Calixte, né en 1814, vicaire de 1842 à 1851 rédige la partie des
annales de la paroisse de St Laurent depuis les origines jusqu' en 1851 ).
DUCAM Joseph : Nommé curé-doyen de la paroisse en 1869. Sous son ministère de
très nombreux travaux furent réalisés à l'église et lors de son jubilé d'or sacerdotal
(26.3.1884), il offre le groupe composé du Christ en croix avec la Vierge et St Jean et placé
face à la chaire ( aujourd'hui seul subsiste le Christ en croix).
LACLAVERE Maximilien (1858/1913) : Prêtre et écrivain de langue gasconne
collabore à la revue « l'armanac de la Gascougno » en y publiant chaque année un chapitre
de la Genèse traduit en gascon. Il fut nommé vicaire général du diocèse.
LAGRAVERE Joseph (1873/1947) : Après ses études au séminaire des missions
étrangères, il part pour les Indes où son souci sera d'évangéliser, de faire bâtir des églises et
des écoles et de former des catéchistes. Il décède à Muthialpat le 3 mars 1947.
MONGE Louis (1769/1844) : Ancien professeur de latin au collège de BORDEAUX,
il fait un important legs qui permet avec le concours de la municipalité d'ouvrir une école de
garçons gratuite et gérée par les Frères des écoles chrétiennes.( aujourd'hui école Monge)
LAMOTHE-ENDO
Appelée en 1323, Motan-Ando puis Mota Odonis en 1418, elle doit son nom à la
motte féodale élevée au moyen-âge pour l'édification du château de défense. Des fossés
circulaires entouraient le village venu s'établir contre la forteresse.
Dans son Eglise, sous le vocable de St ANDRE, on voit un intéressant autel en bois
et stuc provenant de l' église de Fleurance avec un retable ancien, un bénitier sur pieds
ovoïdes du 17ème et des fonts en pierre et dans la chapelle latérale (construite par le seigneur
de LARY, propriétaire du château), un autel du 18ème siècle et une statuette de ta Vierge du
17ème, en bois doré, considérée comme miraculeuse.
C'est le révérend Père CARRERE, missionnaire diocésain, exerçant par intérim
pendant la guerre, les fonctions de la cure de Fleurance qui, apprenant la dévotion faite à la
statue de la Vierge pour la protection des soldats partis en 1914, organise les premiers
pèlerinages. L'abbé LALANNE qui lui succède, continue l'aménagement des abords de la
chapelle pour recevoir les pèlerins venant de plus en plus nombreux. Ce culte perdure de nos
jours et se déroule toujours le lundi de Pentecôte.
Grâce à l'action de l'association des Amis de Lamothe-Endo, dès 1985,
d'importants travaux sont entrepris pour la restauration de la chapelle.
Annexe de l'église paroissiale, elle a été rattachée à FLEURANCE en 1823.
SAINT HERBARY ou URBARY - LAGARDE
La primitive chapelle bâtie sur l'emplacement du vieux cimetière a été démolie par la
révolution. A partir de 1804, le culte est assuré par l'abbé Louis BORISTA, prêtre délégué
de Citeaux, dans la chapelle N.D de Pitié dépendant du château de LAGARDE et
appartenant à sa famille car l'église actuelle n'a été construite qu'en 1829/1830.
Un autre château dépendant de la paroisse est celui du CARDENAU associé à
différentes et importantes familles ( de Monlezun, d'Esparbès, Margastaud...)
L'ancien cimetière, quasiment à l'abandon, révèle un imposant tombeau appartenant
sans doute à la famille BORISTA. Un peu plus loin, on remarque une ancienne fontaine
coiffée d'une mitre.
Annexe également rattachée à FLEURANCE en 1823.
Archives Me Jean Lamarque.
Documentation: la semaine religieuse, les abbés, Cazauran, Solassol, Pandellé,
les archives paroissiales, le Dr Desponts, F .J Bourdeau,
B.Cursente , Ernest De Lary de Latour , Ticier et divers écrits.
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